Terre d'Echanges

Récit : « Planter un arbre, un geste qui embellit la terre. »

Patrice BARRAT a passé 15 jours au Togo dans le cadre d’un voyage solidaire avec TERRE D’ÉCHANGES, en novembre 2018. Voici son récit de voyage.

Mon aventure a commencé le 27 août 2018, au moment de lire un article de Centre Presse, intitulé « Partir au Togo pour reboiser 7 hectares ». A cet instant, j’ai été totalement enthousiasmé par le projet de Terre d’Echanges, consistant à planter des arbres avec des enfants. Ce projet réunissait mes 2 passions : l’écologie et l’éducation. Que rêver de mieux ?
Dans le quart d’heure qui suivait, avec l’accord de ma conjointe, j’ai pris rendez-vous avec Marie, la présidente de Terre d’Échanges. Et tout de suite, le courant est très bien passé.

« J’étais en Afrique »

11 novembre 2018, 22 heures, heure de Lomé. Quand les portes de l’aéroport climatisé de Gnassingbé-Eyadema se sont ouvertes, la chaleur de l’air ambiant m’a impressionné : j’étais en Afrique.

Il est minuit, on dîne chez Lucie. Au menu : purée de maïs blanc, que l’on mange avec les doigts. Je dois avouer que ce n’est pas mon plat préféré. Heureusement, les arachides non salées étaient délicieuses.

Le lendemain, nous découvrons la ferme, son forage et son château d’eau. Une trentaine de femmes assises s’affairent autour du manioc, que des hommes jeunes et musclés ont déterré le matin-même.

Je sors mon opinel pour participer à l’épluchage des racines noires, et suis impressionné par la précision et l’habileté de nos camarades togolais, qui utilisent des couteaux à longue lame. Une fumée blanche s’échappe des fours de terre argileuse fraîchement construits, qui chaufferont prochainement ce qui va devenir le gari (farine de manioc).

« J’ai été surpris, j’ai eu la gorge serrée »

Le moment le plus émouvant pour moi, lors de ce séjour, est intervenu dans l’après-midi du 4e jour. J’ai été surpris, j’ai eu la gorge serrée. Et je n’étais pas le seul. On les attendait vers 14h, le jeudi. Ils sont finalement arrivés vers 17h. En courant. D’abord 2… 3, puis 10, 20, 30… En fait ils étaient 80. C’étaient les écoliers du village voisin d’Ekpokope, avec leur instituteur, qui est arrivé à moto accompagné de 4 autres élèves… sur la même selle. Lorsque les écoliers se sont réunis devant nous pour se mettre à chanter, nous avons tous retenu nos larmes.

Puis ils se sont rassemblés autour du château d’eau construit par Terre d’Echanges, comme des abeilles sur un pot de miel. Ils ont alors semé quelques graines d’arbustes dans des godets de la pépinière. Cette dernière en comptera plus d’un millier à la fin de notre mission.

L’après-midi allait se terminer lorsque les enfants d’Ekpokopé ont commencé à entonner une chanson comparable à « Ce n’est qu’un au revoir mes frères ». Séquence émotion, là encore.

Le moment le plus riche du séjour, en termes de « couleurs africaines » : le jour où nous avons offert un panneau solaire à l’école d’Ekpokope. Il permettra d’alimenter de quoi éclairer les élèves le soir, lors de leurs devoirs. Vrai moment de fête à cet instant. D’abord 4 femmes, qui dansaient au son rythmé de plusieurs djembés, puis 10, 20… 30. Elles arrivaient de partout, souriantes, et tout habillées de couleurs vives, emportées par le rythme soutenu des percussions.

Invitées par ces belles danseuses, nous nous sommes trémoussés timidement, à la manière des « petits blancs », sous les yeux du jeune chef du village, noblement vêtu, dont la beauté n’a pas laissé indifférent mes camarades féminines. Beau moment de partage de culture et d’amitié.

Le moment le plus surprenant : alors qu’il restait un morceau de pain sur notre table, 2 jeunes enfants sont venus nous le demander. Et bien évidement, nous leur avons donné. Très rapidement cela s’est transformé en une petite querelle : mères et enfants couraient autour du plus gros morceau.

« Courage et engagement »

Le moment le plus engagé : c’est lorsque Marie, notre présidente, a haussé le ton sur le marché d’un village, devant un stand de produits phytosanitaires, dont certains sont interdits en Europe depuis une dizaine d’années. Une belle preuve de courage et d’engagement, pour l’écologie.

Le moment que j’attendais depuis le début : l’instant où nous avons planté le premier arbre, un jeune teck de 50 cm. Comme toutes les premières fois, je ne suis pas près de l’oublier. Planter un arbre, c’est toujours pour les autres, pour les générations à venir. C‘est un geste qui embellit la terre et j’en suis fier. On immortalise évidemment ce moment sur la pellicule. C’était un véritable événement, pour moi, qui suis issu d’une famille de forestiers.

Le moment le plus attendu de la journée : la dégustation de la bière du soir, fraîchement sortie du frigo, qui ne restait pas fraîche très longtemps, face à la chaleur ambiante (30° à 20 heures). On le sait, c’est la première gorgée de bière qui est la meilleure.

Le moment « récompense » : c’était l’après-midi du dernier jour, au restaurant, sur la plage de Lomé, baigné par l’océan tumultueux. Un vrai plaisir de fouler le sable de la plage, après plus de 10 jours dans les champs togolais.

« Une équipe soudée »

Le moment le plus drôle : un soir, nous sommes tombés en panne au milieu de nulle part. Nous attendions une énième roue de secours, serrés dans la voiture, dont on hésitait à sortir par crainte de se faire attaquer… par les moustiques. Allions nous passer la nuit dans le véhicule ?

Avouons-le, le stress, allié à la fatigue de la journée, nous a fait délirer. Et les histoires de cannibalisme se sont mêlées aux blagues belges. Entre délires et fou-rires, j’ai même écrit SOS sur le pare-brise embué.

Finalement, nous n’avons attendu que 2 heures sur la piste. Cette piste qui nous a secoué quotidiennement tout au long du séjour, à l’aller comme au retour. Mais qui a aussi mis à l’épreuve nos véhicules.

Dans la voiture ce soir-là, et comme depuis le premier jour, notre équipe est restée soudée, malgré nos différences d’âge. Et cela a été très agréable.

Merci !

Merci à Jordan pour tes démonstrations de forces, à Jessica pour tes belles photos, à Maryline pour ta disponibilité et à Gaëtan pour ton énergie débordante.

Enfin, un grand merci à Marie, pour avoir initié cette aventure. Merci pour ton dynamisme et ton sourire permanent, du premier au dernier jour.

Patrice. Décembre 2018

 

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Terre d'Echanges, association de solidarité internationale reconnue d'intérêt général, favorise le vivre-ensemble à Poitiers et encourage le développement au Togo.